Après une année scolaire fort épuisante, je suis parti à la decouverte de l’Islande pour quelques semaines. Je reviendrai ensuite probablement ici décrire sommairement ce voyage avant de reprendre la routine très sporadique qui caractérise ce blog.
Le paradoxe du bon samaritain
April 5th, 2009 § 0
La santé mentale est le seul domaine de la santé où on nous demande de sauver tout le monde et où tout le monde souhaite mourir.
Terminus
March 16th, 2009 § 0
J’ai écouté “Shortbus” samedi soir. Les comédiens ont participé activement à la rédaction du script final et le résultat est profond, étrange, excellent…
Traits
February 22nd, 2009 § 0
Êtres humains, je vous aime. Parce que vous êtes si complexes et si beau à regarder. Il y a en chacun de vous des impressions diffuses qui se dégagent de votre démarche, qui émanent des traits de votre visage et de votre regard. Vous êtes des intrigues complexes et sans réponse. Pourtant, j’ai parfois l’impression que la complexité, lorsqu’on a appris à vivre avec, rejoint la simplicité. Cet équilibre homéostatique sur lequel on pose maladroitement ses pieds et qui lentement nous renvoie à notre statut d’être humain; maladroit et vulnérable. Et parfois, je tombe sous le charme de certains d’entre-vous justement à cause de cette beauté subjective et de cette simplicité complexe.
Parce qu’il y a aussi une beauté objective. Celle qui fait l’unanimité, mais qui ne dégage rien d’autre que la perfection. L’ennui et la perfection sont pour moi des synonymes …puisqu’on ne peut rien y changer. Non, je vous parle de ce charme en voie d’extinction qui justement évoque la curiosité et surtout l’imperfection; la sueur, le bas de nylon en friches, la barbe de trois jours et ce visage façonné par la conscience d’exister, le doute et sans doute aussi, un peu, la naïveté. Une authenticité trop rare pour qu’on ne puisse la remarquer.
Ce n’est que lorsque j’ai envie de connaître une personne que je la trouve subjectivement belle.
Balle perdue
January 31st, 2009 § 0
Lorsque les fils se touchent, la voiture démarre à fond la caisse. La tête explose en laissant ses cendres ternir le sol. Fragments. Celui qui pensait ne parle plus et la balle traverse le mur du son. Apparait alors un sifflement strident aux oreilles de l’homme mort. Perturbation de l’espace-temps, un silence bruyant envahi soudainement la pièce qui n’est déjà plus qu’un point d’ombre dans l’obscurité. La mort est une chambre sans meuble, sans lumière et sans fenêtre que l’on traverse éternellement en espérant y trouver une porte.
Veritas
January 24th, 2009 § 0
Le sentiment amoureux n’est qu’un simple processus de deuil non résolu.
Archipel
December 31st, 2008 § 2
Il est six heures à Reykjavik je te regarde de Montreal. Ici, il fait noir. Je vois les lumières de ta ville mourir devant les premiers rayons et cette faible lueur suffit à me réchauffer. Et toi tu dors encore. Légèrement comme toujours, je me souviens que ton sommeil semblait parfois aussi volatil qu’un grain de poussière. Tu restais constamment en état d’alerte, un peu comme les derniers éléments de la chaîne alimentaire. Condamnés à la vigilance pour survivre. Condamnés à survivre pour vivre avant de faire face à la grande dévoreuse.
As-tu enfin réussi a rêver? Parfois la distance aide un peu. Les prédateurs n’ont sans doute pas réussi à suivre tes traces. Personne n’a réussi. Tu les as laissés ici, dont quelques uns dans ma chambre je crois. Je fais parfois des cauchemards affreux. Et ils ont la vie dure.
J’ai gardé ta dernière lettre. Une photo aérienne de la ville sans aucun message. Un clin d’oeil timide j’imagine. Tu possède un grand avantage, je me vois mal t’envoyer une carte du biodôme. L’exotisme est sous tes pieds alors que je marche sur la monotonie. C’est confortable, le sentier est plat et bien tracé.
Reykjavik est ma mecque ce soir. Enfin, pas vraiment puis que pour y orienter son corps et son âme, il faut croire. Et je ne crois plus en toi. Mais cette ville est un temple nordique dans lequel tu as trouvé un refuge que j’espère temporaire. L’estuaire du St-Laurent permet de tracer une ligne courbe sans obstacle entre nos deux îles. Nous habitons le même archipel, Antoine. Et j’aime croire que mes nuits blanches sont éclairées par les lueurs de Reykjavik. En réalité, ce n’est rien d’autre que le centre-ville qui brûle et brûle encore lorsque la nuit s’installe. On y entends souvent les policiers et les pompiers qui descendent affronter le brasier et qui s’engouffrent sur la rue Sainte-Catherine. En oubliant ce detail, je me rapproche un peu de ton corps. Je te l’ai dit, je ne crois plus. Mais même les athées peuvent encore se surprendre à espérer.
Simplement constater
December 23rd, 2008 § 2
Il faut parfois constater qu’il n’y a tout simplement rien à comprendre.
Et accepter que les comportements humains peuvent être irrationnels, qu’ils sont tributaires de nos expériences personnelles, totalement subjectives. Le problème, c’est que ces expériences créent parfois des comportements qui projettent tout un passé vécu et émotionnel vers l’autre. Et que cet autre l’absorbe naïvement.
Et il n’y comprend rien. Il essaie pourtant.
Cette rationalité devient incompréhensible parce qu’elle est interprétée hors de son contexte. Incompréhensible et destructice. La folie trouve sa source au contact de l’autre.