S’il y a une senteur que j’apprécie dans un appartement, c’est celle d’un thé chaï bien épicé. C’est que nous avons bu ce soir après le déménagement. Ça aide à faire passer le goût pâteux de la poussière qui s’infiltre partout dans l’appartement depuis les derniers jours. En moins d’une semaine, ma colocataire est partie en Gaspésie pour y travailler, les français que nous hébergions temporairement dans la chambre d’amis ont mis fin à leur période de transition et deux nouvelles personnes, un couple d’amis, se sont installés dans les chambres vides.
En balayant rapidement la place, j’estime avoir récolté assez de poil de chats pour en reconstituer une demi-douzaine. J’ai du jeter 18 cartons d’oeufs vide sans doute récoltés par un ex-obsessif/compulsif. Il y a aussi ces étranges instruments de cuisson, dont l’utilité m’échappe et que je n’ose pas brancher de peur de faire sauter tout le bloc. Sans oublier la dinde entière retrouvée dans le congélo, le fromage en crème d’un demi siècle, la collection de lampes à l’huile et de Rider’s Digest de la salle de bain (dont certains articles traitent de l’arrivée imminente d’Internet dans nos foyers, et de Gaston le collectionneur de timbre trisomique). La coloc est partie avec une bonne partie du matériel de la cuisine et a heureusement laissé un moule à muffins et une plaque à pizza; me garantissant ainsi minimalement deux repas différents par jour.
Pour une rare fois, je me sens spectateur de ma propre vie.

