L’âge ingrat.
Pierre | July 3, 2008Je terminais mon cégep et ma période militantiste anti-ZLÉA lorsque le dernier CD des Cowboys fringuants est sorti. Peu à peu, les mots bourgeoisie, so-so-so-solidarité et libArté disparraissaient de mon vocabulaire quotidien. Le CD tournait en boucle dans toutes les radios étudiantes du Québec et durant cette période, plusieurs ami(e)s me confiaient à quel point la chanson Ti-Cul les rejoignait, à quel point elle parlait d’une réalité qu’ils partageaient en silence, jusqu’à en souffrir parfois. J’ai toujours trouvé que cette petite chanson n’était qu’un tas de préjugés sur le cégep, sur ses étudiants et surtout concernant certains programmes (sciences humaines et arts et lettres principalement) . Cependant, je crois aussi qu’on a tous un rêve d’adolescent ou même de cégépien qui refuse de mourir ou de tomber dans l’oubli. Parce qu’un rêve d’adulte, c’est justement un rêve trop réel pour être oublié. Je pense que ce sont ces rêves qui disparaissent avec la routine assommante du travail. Subitement, elle achève d’un coup de .22 cette naïveté d’enfance qui, jusqu’à ce moment précis, arrivait à nous survivre.
Au cégep, je rêvais d’être journaliste. Soit à la radio de Radio-Canada, soit au Devoir ou comme correspondant à l’étranger. J’enviais les participants de Destination Monde et je me voyais déjà prendre des photos historiques. Vous savez, ces images qui conservent la continuité de l’action et du mouvement et qui rendent les secondes intemporelles. Mieux encore, je souhaitais parler au micro sous une pluie de missiles aériens sur le toit d’un édifice désaffecté de Bagdad.
Et vous ?











